Réinventer la propriété d’usage s’inscrire dans un lieu

À Celles, réhabiliter une maison, c’est se réapproprier un lieu et une histoire.

Le Fonds de dotation Cambas Rojas propose un modèle d’habitat fondé sur la propriété d’usage, où les habitant·es deviennent auto-promoteurs de leur logement. Ils conçoivent, réparent et transforment leur maison, dans un esprit d’entraide et de partage des savoir-faire. La réhabilitation des maisons redonne place à une autonomie habitante : chacun s’implique dans la construction de son habitat tout en contribuant à la vitalité du village. Celles se veut un village vivant et entier, où habitat et activité se mêlent naturellement, sans zonage ni cloisonnement. Les habitant·es y recréent à la fois leur lieu de vie et leur espace de travail, renouant avec une manière d’habiter le rural fondée sur la proximité, la transmission et l’usage partagé des ressources. Loin d’un modèle locatif ou spéculatif, cette approche repose sur une responsabilisation mutuelle, où le soin du bâti et du paysage devient un engagement commun.

Réhabiliter à Celles, c’est aussi retrouver une architecture ancrée dans son territoire. Les chantiers privilégient les matériaux issus du réemploi, les savoir-faire locaux et une approche respectueuse du Grand Site de France du Salagou. Le projet défend un “terroir architectural” vivant, inspiré des formes vernaculaires mais ouvert à des expressions contemporaines, où chaque maison témoigne d’une adaptation au lieu, au climat et à la communauté.
Ainsi, refaire village, c’est reconstruire un lien entre l’habitat, le paysage et celles et ceux qui l’habitent.

Construire avec le lieu

À Celles, les habitant·es ne se contentent pas d’occuper un logement, ils le bâtissent.

La propriété d’usage donne la possibilité d’être auto-promoteur et parfois auto-constructeur
de sa maison, en s’appuyant sur l’entraide, les savoir-faire partagés et l’accompagnement technique du Fonds de dotation.
Cette approche permet de réduire les coûts de construction — entre 800 et 1 000 €/m² en autoconstruction — tout en favorisant une appropriation réelle du bâti. Les habitants y trouvent une fierté et un plaisir à construire, plutôt qu’à consommer un service.
Ils réapprennent à faire, à réparer, à bâtir ensemble. La construction de son habitat devient ainsi un acte de liberté et d’ancrage : elle rend possible le réemploi de matériaux locaux, la pierre de Celles, la terre, le bois, et remet en valeur des techniques manuelles dévalorisées dans la société contemporaine.
Construire par soi-même, c’est redonner du sens au geste, au temps et au lieu. Chaque chantier devient un espace de rencontre et de transmission, où se tissent des liens d’entraide et de solidarité. La main-d’œuvre n’est plus un coût, mais une ressource vivante. À Celles, la construction redevient une aventure collective et humaine, au service d’un territoire et d’un habitat durablement ancré dans son paysage.

Ni locataire, ni propriétaire, habitants!

- Favoriser une réappropriation du bâti existant par celles et ceux qui l’habitent et y travaillent.
- Soutenir l’auto-réhabilitation et l’autopromotion, en valorisant les savoir-faire, le réemploi et l’entraide entre habitants.
- Encourager une autonomie habitante fondée sur la responsabilité, le soin et l’usage plutôt que sur la propriété spéculative, où chaque foyer recrée à la fois son habitat et son espace d’activité.
- Promouvoir l’usage du réemploi et des matériaux locaux, en lien avec l’identité constructive du territoire.
- Retrouver une architecture vernaculaire vivante, adaptée aux modes de vie contemporains et respectueuse du Grand Site de France du Salagou.
- Inscrire la réhabilitation du village dans une approche paysagère et écologique, où chaque maison contribue à la vitalité d’un ensemble commun.
- Faire de Celles un exemple reproductible d’habitat d’usage, conciliant transmission, ancrage local et transition écologique